vendredi 27 septembre 2013

La « Pause fiscale » quelle rigolade !

Décidément la rentrée politique est riche… de gesticulations. Une comédie del arte francisée.
Le Président de notre très chère République décide « tout de go » d’intervenir auprès des français un dimanche soir au « 20 heures » … de TF1, chaine publique s’il en est. qu’à donc fait l’ensemble des chaines publiques, les vraies, enfin.., celles qui sont labellisée comme telles au service du public, pour mériter d’être écartées du bénéfice de la parole présidentielle ? Au point que le Président lui-même a remercié TF1 d’avoir bien voulu le diffuser. Si, si. Réécoutez donc l’allocution. Bref c’est sans importance. Enfin quand même… !
Non ce qui était le plus important fût annoncé en trois points. Le drame syrien et le rôle exceptionnel joué par la France dans l’émergence de la solution russo-américaine de contrôle du démantèlement de l’arsenal chimique syrien existant. Là, déjà, le sourire moqueur pointe aux commissures des lèvres. A tous les coups on gagne. Directement, c’est le mieux, ou indirectement en affirmant que la prestation énergique française contre l’attaque chimique du 21 aout dernier a forcé les autres pays à trouver une solution.
Cela ne trompe personne. Et, franchement, le plus choquant c’est de découvrir que ce qui pose problème ce n’est pas que des gens soient tués sans avoir demandé quoi que ce soit à qui que ce soit mais comment ils ont été tués. Pouaah !!!... cela nous dérange au sommet parce que cela nous remémore les gaz des tranchés de 14-18 et les chambres du même nom de la suivante, bien que déjà expérimentées dans les camions en Bulgarie par les « einsatz gruppen » préfigurant l’efficacité du stade industriel qui a suivi, l’opportunité de la  lointaine Sibérie qui devait par déportation s’en charger naturellement ayant été perdue avec la rupture du pacte germano-soviétique et l’ouverture du front Est, Stalingrad oblige. Bref très désagréable à nos mémoires occidentales un peu oublieuses de nos propres méfaits.
Et puis vient le plat de résistance de ce plantureux dîner télévisuel. « Encore des impôts c’est trop d’impôts » nous apprend le Président. Presque une lapalissade. Enfin il a renchérit dans la même veine relativement à une digression niçoise en bijouterie en nous délivrant cette « perle noire » digne de Ponce Pilate « c’est à la justice de faire seule la justice ». On découvre ainsi la confusion au sommet de l’Etat entre la finalité (rétablir une situation de fait conforme à la loi), la fonction (l’institution) et l’instrument (l’appareil judicaire constitué de la magistrature et de ses auxiliaires). Un peu comme si on assimilait les spermatozoïdes fécondeurs avec la verge en érection qui en est seulement le vecteur de dispersion, même si les deux contribuent à la même tentative de finalité, la fécondation.
Tout d’abord, il convient en vigueur bien de dire appareil judicaire pour la magistrature car il n’y a pas, dans notre choix constitutionnel, de pouvoir judicaire. Ce pouvoir étant conservé par le peuple souverain au nom duquel la magistrature, quand elle exerce la fonction de juge, rend la justice, (collégialement ou même individuellement) c’est-à-dire établi ou rétabli entre des citoyens une situation de fait et de droit conforme aux dispositions de la loi sous son appréciation qui peut faire l’objet de plusieurs niveaux de contestations afin que la décision rendue finalement repose sur plusieurs avis simultanés et successifs. Le « juge incarné »  dispose donc seulement d’un pouvoir délégué et non d’un pouvoir absolu. Il apparait donc normal qu’il devrait en rendre compte à celui qui l’en a investi.
Pourtant c’est le contraire qui existe, subrepticement et lentement distillé depuis des décennies par des sous-ensembles de magistrats, écumant de rage de ne pas disposer d’un pouvoir autonome qui seul pourrait rassasier leur avidité à vouloir contrôler sans partage la destinée de chaque citoyen.
L’actuel appareil judicaire par son envie d’un « gouvernement des juges » constitue un véritable danger constitutionnel pour la République et les libertés qui se trouvent, ainsi, à la merci des avanies idéologiques totalitaires d’un corps de l’Etat qui n’en peut plus de ne pas faire la Loi qu’il aimerait imposer ensuite à tous, sauf à lui-même.
Ce corps apparaît est presque devenu comme séditieux à la République dont il transgresse l’esprit tout en proclamant, collectivement à qui veut l’entendre, qu’il en est le seul défenseur de la lettre qu’il manipule impunément à l’envie sous les allures de la souveraineté d’appréciation des faits dont il abuse sans vergogne pour les faire correspondre à sa conception préalable des situations qui lui sont soumises complaisamment de manière insuffisante à ses yeux au point qu’il s’empare de toute situation qui l’intéresse en en décidant de l’irrégularité possible c’est-à-dire à construire. L’institution judicaire ne se prononce donc pas sur des faits qu’elle constate mais elle constitue les faits qui justifient à postériori les décisions qu’elle a dénoncé a priori comme irrégulière. Le problème de la Justice en France aujourd’hui c’est la frustration qui frappe le corps judiciaire au travers de son avidité de pouvoir, toujours insatisfaite, puisque organiquement contraire à la Constitution et donc au pacte civique existant.
Mitterrand dénonçait le coup d’Etat permanent de l’exécutif. Il faudrait aujourd’hui dénoncer le coup d’Etat rampant de l’autorité judiciaire qui s’affranchie inexorablement de sa condition « constitutionnellement serve » à l’abri que lui fournit la lâcheté et la faiblesse des pouvoirs exécutif et législatif, c’est-à-dire des pouvoirs constitutionnels de cette République démocratique parlementaire affaiblie par « l’artificialité constitutionnelle » introduite par la « singerie présidentialiste » actuelle.
Tout va mal depuis que la chambre des députés est à la remorque de l’élection présidentielle tout en étant aligné au mieux sur la durée de son mandat. Le Parlement est un godillot qui ne permet plus la confrontation d’idées. A quoi bon payer très cher une armée mexicaine de parlementaires qui ne servent à rien, sauf de « faire valoir » au Président. Le pouvoir absolu c’est maintenant. Et dire que c’est un prétendu gaulliste qui l’a organisée. Le général était très loin de cet absolutisme dissimulé.
Il nous faut revenir aux fondamentaux de la 5ème République ou changer de République. Tous les incapables veulent être Président de n’importe quel hochet institutionnel. C’est la même décadence que celle qu’a connu l’ancien régime en vendant les privilèges pour faire de la cavalerie budgétaire. C’est aussi cette décadence là qu’a connu longuement la République romaine en passant par la dictature et l’empire.
C’est pourquoi l’expression de « pause fiscale » est aujourd’hui si hilarante.
D’abord une pause n’est pas un renoncement. Contribuable attention la retraite technocratique n’est pas le renoncement fiscal auquel vous vous prenez à croire comme d’une défaite bureaucratique. Une fois de plus vous vous faites berner par votre propre interprétation des non-dits, comme avec les discours du même jour de Vincennes et de la Concorde à 2 heures d’intervalle par chacun des 2 derniers candidats « aux présidentielles ».
Ce qui était étonnant dans les réactions au discours hollandais de Vincennes c’est de constater l’impact des non-dits.
Ainsi les électeurs ont conclu hâtivement que ce que le candidat président n’avait pas dit qu’il ferait c’est qu’il ne le ferait pas, alors pourtant qu’il n’avait pas dit qu’il ne le ferait pas dans son discours. C’est pourquoi il le fait aujourd’hui contre ce que pensaient interprétativement ses propres électeurs et sans déroger à ses promesses d’alors.
De même ce qu’il n’avait pas dit qu’il ne ferait pas, les électeurs ont considéré à tort qu’il le ferait alors pourtant qu’il n’avait pas dit qu’il le ferait dans son discours. Ainsi il ne le fait pas aujourd’hui malgré ce que croyaient interprétativement ses propres électeurs et en respectant pleinement ses seules promesses d’alors.
Que voit-on aujourd’hui ?
Simplement que ce que les électeurs ont cru qu’il ferait parce qu’il n’avait pas dit qu’il ne le ferait pas eh bien il ne le fait pas ou qu’il ne ferait pas parce qu’il n’avait pas dit qu’il le ferait eh bien il le fait !
Et le Président élu a beau jeu de prétendre qu’il ne trahit aucunement ses engagements de campagne.
Une des manœuvres politiques actuelles des « politiciens » est de conditionner les électeurs et les citoyens à croire à quelque chose que ces « politiciens » pourraient faire ou ne pas faire et de ne pas démentir ces électeurs dans cette attente ou cette croyance patente, évidente, sur laquelle ils déterminent leur comportement électoral qui, une fois définitivement scellé, se verra pris à contrepied par la réalisation de ce qu’ils ne voulaient pas ou la non réalisation de ce qu’ils voulaient.
A l’instar de la fable de La Fontaine du « Corbeau et du renard », un politicien moderne (Pasqua ou Mitterrand mais y a-t-il bien une différence ?) a dit : « les paroles n’engagent que ceux qui les écoutent ».
Il faudrait peut-être compléter par : « les compréhensions flatteuses des paroles ne trompent que ceux qui les construisent ».
Et visiblement beaucoup sont aujourd’hui concerné.
C’est la cerise sur le gâteau de l’irresponsabilité, consubstantielle à toute fonction élective actuelle.
Ainsi c’est la faute aux électeurs dupés si tout va mal, pas aux politiciens manipulateurs. Les électeurs sont donc eux aussi des irresponsables. A quand la confrontation des irresponsabilités d’en haut et d’en bas ?

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