Cette semaine de rentrée est intéressante.
Passionnante même.
Une annonce de réforme du système de retraite avec plus de
cotisations et plus de durée de travail sauf exception de pénibilité.
Mais pas « davantage de solidarité » par la
disparition des régimes de faveur dérogatoire puisqu’il n’est pas possible de
hisser le régime général au niveau avantageux de ces régimes (42 nous dit-on !
à voir ! peut être plus encore car il y a des dissimulations possibles).
Cette réforme règlera-t-elle le problème d’équilibre
financier ainsi que cela a été promis pour chacune des nombreuses réformes du
système de retraite qui ont été faites antérieurement.
Cette nécessaire répétitivité de réformes de plus en plus
fréquentes et rapides démontre à elle seule que le problème n’est pas
correctement abordé ou compris et/ou les solutions proposées mal élaborées ou
trompeuses.
Et pourtant que de prétendus spécialistes au chevet de ce
malade visiblement incurable ou mal soigné.
Pourtant, mardi, mobilisation syndicale contre la réforme
par les propres supporters de la majorité politique « aux manettes ».
Pas de cotisations supplémentaires pour les salariés.
Pas d’allongement de la durée de cotisations non plus pour
la retraite à taux plein.
Alors comment s’en sortir ?
Au surplus, les jeunes actifs « grognent » sévèrement
contre le fait de payer des cotisations pour la retraite (des aînés) alors
qu’eux-mêmes pressentent qu’ils n’auront
rien.
La fracture générationnelle est en route et quelles que soient les majorités actuelles ou futures, elles seront
impuissantes à résoudre ce conflit entre générations.
La solidarité intergénérationnelle apparaît alors
singulièrement compromise.
Il faut bien être réaliste, et il est vrai qu’à une époque
désormais lointaine, les retraités manifestaient une certaine arrogance à
bénéficier de ce qui apparaît aujourd’hui comme injuste, en tous les cas
inéquitable aux yeux de ceux qui cotisent pour assurer le revenu des retraités.
J’en étais venu, à cette époque là, au vu de la « croisière
(des retraités) s’amuse », à exprimer un raccourci en disant :
« ce système ne pourra pas durer, qui prend le nécessaire aux uns pour
donner le superflu aux autres ».
Bien sûr les grands parents ont « aidé » les
petits enfants puis les enfants, signe d’une dégradation continue des
conditions relatives des uns par rapport à celles des autres.
En plus avec l’allongement de la durée de vie, le poids
financier global des retraités s’alourdit et on hérite de plus en plus tard à
tel point que l’héritage se fait de retraité à retraité.
Plus rien pour la tranche d’âge active qui y puisait,
souvent, les moyens d’installer une activité ou de bénéficier d’un moyen
d’habitation sans coût.
Le « troisième âge durable » devrait s’imprégner
de l’idée qu’énonçait ma propre grand-mère paternelle « il faut faire le
bien autour de soi de son vivant », qu’elle complétait allègrement par « on n’a jamais vu un
coffre suivre un corbillard ».
Il ne sert à rien d’avoir da la gratitude et de l’amitié
quand on est mort. Et si on en a… !
Et, en plus, toutes les précautions contre les dérapages
éventuels des bénéficiaires sont légalement possibles.
Il doit y avoir un retour de solidarité des ainés vers les
jeunes.
Alors soyons réaliste juste un moment.
Si les personnes qui partent en retraite voulaient disposer
du revenu qu’elles recevraient dans les conditions actuelles en constituant
elles-mêmes cette épargne, la plaçant et la consommant pendant toute leur période de retraite jusqu’à leur
mort , il faudrait qu’elles mettent de côté sur leurs revenus réguliers
d’actifs (salaires notamment) le double de ce que représentent leurs
cotisations « retraite » actuelles.
Et encore, je table sur un taux de placement égal à la
croissance mondiale annuelle de 3 à 5% l’an pour que la perspective de
placement ne paraisse pas irréaliste.
Ce taux de 3 à 5% de croissance annuelle pour l’économie
mondiale est un taux de longue période.
C’est celui qu’évoque l’économiste de gauche Thomas PICKETTY,
dans son dernier ouvrage, quand il le compare au taux servi en moyenne sur les
rentes de capital, qu’il estime être exagéré voire indécent. Ce qui n’est pas
faux.
J’ai toujours considéré que la rente (en général et pas
seulement capitaliste) parasitait jusqu'à le tuer, le profit qui est la
récompense de l’effort d’innovation, d’intelligence, de prise de risque
économique, d’audace, d’action (je n’évoque pas ici la problématique de la
répartition de ce profit entre ces « géniteurs », dont les vrais
entrepreneurs sont de plus en plus les victimes, parce que numériquement les
moins nombreux, donc les moins forts pour faire valoir leur importance sauf à
la démontrer dramatiquement par leur disparition ou simplement leur abstention.
C’est ce dernier comportement avant d’arriver au précédent
qui caractérise la situation actuelle de la France vouée de l’Europe.
Cette extinction de l’action entrepreneuriale est la vraie cause de la crise que nous
connaissons car le système en cours n’hésite pas contre elle à transformer sa
prédation en extermination consciente.
Le problème rencontré aujourd’hui, et aussi depuis longtemps,
apparaît ainsi évident.
Alors pourquoi cela n’est-il pas dit ?
Tout simplement parce qu’une telle vérité n’est pas
électoraliste !
Alors notre personnel politique ne sait il pas ou sait-il
cette réalité économique et financière incontournable ?
Le personnel politique actuel, toutes tendances confondues,
est-il menteur, idiot, ou mal conseillé ?
J’ai eu une idée, en considérant cette dernière interrogation
et ma certitude exprimée deux paragraphes au dessus de cette interrogation.
A vous de vous faire votre opinion, mais cela ne devrait pas
être difficile !
Il faut donc en conséquence et aussi « tordre le
cou » à une idée reçue inexacte qui polue la réflexion et le débat public.
L’arrivée importante d’étrangers ne crée pas le problème du
déséquilibre du modèle social français
dont les étrangers bénéficient
pourtant. Ce problème leur est
préexistant et durable.
L’arrivée des étrangers ne fait que l’amplifier.
Il est donc stupide de prétendre que l’arrivée des étrangers
crée ce problème car c’est masquer le problème lui-même et rendre impossible sa
résolution lucide et sereine.
Mais nier l’amplification du problème non résolu par
l’arrivée des étrangers est tout aussi stupide et témoigne d’une volonté
inexprimée publiquement de faire vaciller l’équilibre fragilisée de la société
française au risque de la faire basculer instinctivement dans des extrémités
comportementales humainement critiquables.
La population française dans son ensemble n’est pas raciste.
Elle est généreuse de ce qu’elle peut mais refuse, de bon sens et d’instinct,
d’être prodigue de ce qu’elle ne possède pas, même si on l’intoxique à lui
faire croire le contraire par les expédients de l’endettement collectif
car elle sait que ce comportement est finalement suicidaire socialement et plus
particulièrement pour ces deux piliers que sont la liberté individuelle et le
droit de propriété sans lequel, aucune projection individuelle dans l’avenir
n’est possible et donc non plus aucun engagement personnel ne peut être envisagé durablement.
Merci de votre attention
Bonne réflexion et bons commentaires si vous le voulez
bien.
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